Interview évaluation experte avec Dr. Carine Lallemand

Dans cette interview, Carine nous parle de l'historique des évaluations expertes ainsi que des évolutions subies au cours des dernières années. Carine Lallemand est Chercheur en psychologie et ergonomie des IHM à l'Université du Luxembourg. Elle est l’auteure du livre Méthodes de design UX (Eyrolles, 2015). Vous pouvez la suivre sur son blogue Uxmind ou sur Twitter. Merci Carine !

Dans cette série de billets, nous interviewons des professionnels à propos de l'importance de faire des évaluations d'utilisabilité, des audits ergonomiques et des évaluations expertes.

Transcription de l'interview

Quel est l’historique des évaluations expertes ?

L’évaluation experte, il faut savoir que c’est une méthode qui a été inventée dans les années 80 qui s’appelait plutôt évaluation heuristique à la base qui était peut-être un peu rigide dans le style parce qu’on a commencé à dire que les gens devaient suivre en fait des guidelines très particulières et se tenir à ce framework pour faire des évaluations. Je pense qu’avec l’UX on est sur quelque chose de plus étendu, de plus ouvert, de moins rigide, plus flexible où finalement les gens vont à la fois se baser sur les guidelines pour évaluer des sites, des services, des produits mais aussi sur leur expertise et c’est d’autant plus important que l’expérience utilisateur est beaucoup plus large que l’utilisabilité. Après je pense que c’est une méthode qui s’utilise très bien en combinaison avec d’autres méthodes. Ça doit pas empêcher les gens d’impliquer des utilisateurs par des tests utilisateurs après mais l’évaluation experte a l’avantage d’enlever des problèmes récurrents, d’enlever des problèmes qu’on connaît pour ne pas que les tests utilisateurs finalement soient biaisés de problèmes qu’on aurait déjà pu corriger longtemps à l’avance par ce biais. Et ce qui est intéressant dans les études que j’ai faites, c’est que l’évaluation experte peut être soutenue par des outils flexibles qui permettent à la personne à la fois de se baser sur pas qu’un set de critères mais d’en entrer une multitude ou des critères particuliers personnalisés et ensuite aussi de pouvoir faire vraiment son évaluation de manière customisée.

Quel est le principal changement dans le mode d’évaluation ?

Par rapport à l’expérience utilisateur, le principal changement c’est qu’on a tout à coup les critères positifs. C’est-à-dire qu’on est plus seulement en train de chercher des problèmes mais on cherche aussi des déclencheurs d’expérience positives, d’émotions positives à l’intérieur d’un système. Et c’est important que dans les grilles à venir pour les évaluations expertes ou dans les outils à venir on ait aussi cette intégration des choses positives à rechercher, pas uniquement des choses négatives, voire même d’absences. On pense rarement quand on fait une évaluation experte que l’absence est un critère d’expérience utilisateur. C’est-à-dire que si vous utilisez un appareil photo qui n’a pas de fonction tactile par rapport à vos standards actuel de 2016 où on a du tactile partout, l’absence d’un écran tactile vous créera une mauvaise expérience. C’est quelque chose que les experts sont moins habitués à faire de regarder les absences. Généralement on cherche les problèmes, on les note et l’évaluation c’est plutôt de régler des problèmes. J’aime bien voir l’évaluation experte comme régler des problèmes mais aussi identifier des déclencheurs d’expériences positives pour les renforcer.

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